Musique
La musique d’Iran a une histoire plusieurs fois millénaire remontant au
Néolithique, tels que peuvent l’attester les fouilles archéologiques trouvées principalement à
Élam, au sud-ouest de l’Iran. Il faut opérer une distinction entre la science de la musique, ou musicologie (
Elm-e Musiqi) qui, en tant que branche des mathématiques, a toujours été très bien considérée dans le pays ; en opposition à la performance musicale (
Tarab, Navakhteh, Tasneef, Taraneh ou plus récemment
Muzik) qui a souvent eu une relation conflictuelle avec les autorités religieuses.
La
musique classique iranienne (
Musiqi Asil) est fortement basée sur les théories de l’esthétique des sons telles qu’elles ont été exposées par Farabi et Shirazi dans les premiers siècles de l’
Islam. Ce genre musical préserve aussi les formules mélodiques qui sont souvent attribuées aux musiciens des cours impériales de Khosro Parviz à la période
Sassanide. Ces formules mélodiques sont connues sous le nom de
dastgah, et représentent un répertoire dans lequel les autres genres musicaux iraniens puisent leurs idées et leur inspiration
[55].
La musique religieuse en tant que catégorie musicale n’est pas un genre homogène. Les pièces de théâtre représentant la passion de l’imam Hussein ont leur origine dans la musique martiale de l’Iran. Similairement, la musique
soufie, bien qu’ayant établi ses propres traditions comme l’utilisation de l’instrument mystique
daf et de livrets de la poésie mystique persane, possède une liberté de composition plus grande et est rythmiquement plus sophistiquée que la musique de Dastgah
[56].
La musique populaire et folklorique joue un rôle important dans la vie quotidienne des iraniens ruraux, comme les chansons folkloriques du
Kurdistan et du
Khorasan par exemple.
L’Iran a développé sa propre musique pop dans les années 1970, utilisant des formes et des instruments indigènes et ajoutant de la guitare électrique et d’autres caractéristiques importées; le musicien le plus populaire de cette époque était une chanteuse,
Gougoush. La musique pop n’a cependant pas duré longtemps, puisqu’elle a été bannie après la révolution de 1979
[57].
La révolution de 1979 a lancé une renaissance dans la musique classique perse de laquelle ont émergé des célébrités nationales et internationales comme
Mohammad Reza Lotfi,
Hossein Alizadeh,
Shahram Nazeri et
Mohammad-Reza Shajarian. Bien que la révolution ait créé la popularité de la musique classique, la musique et l’islam n’ont pas toujours fait bon ménage, et beaucoup d’iraniens très conservateurs ne voyaient pas d’un bon œil même les mélodies et les paroles les plus simples. Le rôle des femmes dans la musique a aussi été réduit à l’occasion de la révolution ; elles ont été interdites de chanter en public mais peuvent toujours jouer d’un instrument
[57].
Danse
La
danse en Iran possède une longue histoire et s’est développée depuis les temps datant de l’époque pré-
achéménides. En effet, des fouilles durant ces 30 dernières années donnent accès à la preuve de son existence depuis l’apparition du culte de Mithra 2000 ans avant notre ère.
[58] Pour cette nation ancienne, la danse peut être envisagée comme un phénomène important et social et/ou un rituel religieux. Cependant, des restrictions politiques aux danses iraniennes et traditionnelles ont eu lieu après la
révolution de
1979, la danse et la musique ont un temps été mal vues, voire interdites pendant un temps, mais cette histoire millénaire se perpétue toujours, parfois dans un cadre plus privé.
La danse peut intervenir dans de nombreux contextes très différents comme — par exemple — les évènements sociaux, les rites de passage, les exorcismes et les cérémonies
[58]. Ces contextes peuvent être associés à des événements traditionnels ou historiques (fêtes nationales, jours religieux festifs, fêtes pré-islamiques, migrations tribales…) ou avoir lieu de manière improvisée